Retrouver un aïeul, un grand-oncle ou une lointaine cousine avec pour seuls bagages des souvenirs de famille ou de minces indices… Un défi impossible ? Loin de là ! Pour vous prouver qu’une recherche généalogique peut aboutir à partir de presque rien, voici une véritable enquête pas à pas.

L’énigme Auguste Bourhis : de bien minces indices

Notre point de départ ? Une simple transmission orale : un certain Auguste Bourhis aurait été prêtre dans les années 1950-1960 et aurait vécu à Henvic, dans le Finistère et c’est tout. Nous ignorons sa date de naissance, son lieu d’origine exact et l’année de son décès.

Le défi majeur est que le patronyme est assez courant en Bretagne. Sans détails sur sa fratrie ou ses parents, le risque de se tromper de personne à cause d’homonymes est donc élevé. À première vue, l’enquête s’annonce alors complexe.

Étape 1 : Le déclic grâce au recensement

Pour contourner l’absence de dates, nous lançons une recherche en tentant une première approche géographique en interrogeant la commune d’Henvic. Un résultat capital apparaît immédiatement : le recensement de population de 1911.

La magie de la généalogie opère puisque, sur le registre, l’individu trouvé ne laisse place à aucun doute : il est explicitement inscrit comme « vicaire », travaillant aux côtés du desservant Guillaume Le Jeune. Auguste Bourhis est alors au tout début de sa carrière ecclésiastique.

recensement d'Henvic de 1911

Mieux encore, le recensement nous offre la clé d’or : il est indiqué comme étant né à Morlaix en 1883.

Étape 2 : L’état civil valide l’enquête

Direction les registres de Morlaix. Une recherche rapide dans l’état civil du Finistère nous permet de mettre la main sur l’acte de naissance d’Auguste Jean Henri Bourhis, né le 16 mai 1883 au matin, fils de Jean Marie Bourhis et de Jeanne Garion.

acte de naissance à Morlaix en 1883

Grâce aux précieuses mentions marginales, l’acte nous révèle la fin de son histoire. Il est en effet indiqué que son décès est survenu le 25 mars 1968 à Brest. De plus, la découverte du nom des parents et la cohérence des dates confirment à 100 % qu’il s’agit bien de notre prêtre.

Étape 3 : Hors des sentiers battus, la piste des archives diocésaines

Maintenant que le cadre civil est posé, comment reconstituer sa vie d’homme d’Église et retracer son parcours de paroisse en paroisse ? C’est ici qu’il faut quitter les archives classiques pour se tourner vers les archives diocésaines.

Chaque département (ou diocèse) possède ses propres archives administratives et historiques. Une simple recherche sur internet permet de trouver les coordonnées de celles du Finistère (diocèse de Quimper et Léon).

archives diocesaines du Finistère

Bonne nouvelle : si de nombreux services exigent encore un déplacement ou une demande par courrier, les archives diocésaines du Finistère proposent une mine d’or en ligne : la rubrique « Trouver un prêtre », qui regroupe les fiches documentaires de tous les prêtres ordonnés après 1801.

Le conseil du généalogiste : Si pour vos propres recherches ces ressources ne sont pas encore numérisées, ne restez pas bloqué ! Contactez directement le diocèse concerné par e-mail ou prévoyez une visite sur place (souvent sur rendez-vous). Les archives religieuses recèlent bien souvent des détails intimes et administratifs introuvables ailleurs.