Généalogie et histoire | Filae /ressources/ Vos origines vont vous étonner Wed, 18 Feb 2026 13:11:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 Et si vos meubles révélaient votre histoire ? /ressources/et-si-vos-meubles-revelaient-votre-histoire/ Fri, 21 Jun 2024 06:58:17 +0000 /ressources/?p=13496 Agathe a fait une découverte intrigante chez ses grands-parents : un meuble qui a révélé une partie de l’histoire familiale grâce à trois petites étiquettes… Ces papiers défraichis par le temps, collés il y a plus d’un siècle, fournissent des indices précieux… Après quelques recherches dans les archives, l’histoire familiale s’est éclairée !

La découverte

En déplaçant un buffet en bois massif chez ses grands-parents, Agathe a remarqué trois étiquettes au dos du meuble.

Sur deux d’entre elles, il est inscrit Petite vitesse Etat et à Crulai avec un tampon indiquant le lieu et la date, Avessac 12 oct 22.

La plus grande étiquette indique de Chevalier à Tily Avessac (L.I.) et Monsieur Célestin Gautier Sellier à Crulai (Orne). Voilà, l’expéditeur et le destinataire sont identifiés.

Il s’agit d’étiquettes de transport. Le meuble a été envoyé par le train le 12 octobre 1922 par monsieur Chevalier, habitant à Tily, Avessac (Loire-Atlantique) pour être livré chez Célestin Gautier à Crulai, dans l’Orne.

A la recherche des propriétaires

La recherche sur Filae.com de Célestin Gautier à Crulai fournit trois résultats : les recensements de 1911, 1921 et 1931.

Ces archives fournissent des informations précieuses. Célestin Gautier, bourrelier, est né en 1876 dans la commune de Grand-Auverné en Loire-Atlantique. Pas de doute, il s’agit bien du destinataire du meuble. Son épouse, Virginie, est née à Avessac en Loire-Atlantique, ce qui suggère déjà un lien familial avec l’expéditeur, monsieur Chevalier.

Direction Grand-Auverné pour consulter l’acte de naissance de Célestin Gautier. Nous le trouvons bien le 25 novembre 1876. Il est fils de Louis Gautier et Félicité Pineau. Une mention marginale précise qu’il s’est marié à Vimoutiers dans l’Orne le 13 août 1903 avec Virginie Marie Chevalier !

Nous changeons de commune pour rechercher la naissance de Virginie Chevalier à Avessac. L’acte du 10 mars 1874 indique qu’elle est la fille de Joseph et Marie Joseph Chevalier, demeurant à Tily, ce qui correspond bien à l’adresse de l’expéditeur !

Les parents de Virginie apparaissent dans le recensement de 1911 d’Avessac mais que sont-ils devenus ? Les actes de décès n’étant pas encore indexés sur Filae, nous explorons le site des archives départementales de Loire-Atlantique, notamment les tables décennales et l’état civil en ligne du début du 20e siècle.

Nous trouvons le décès de Joseph Chevalier veuf de Marie Joseph Chevalier le 2 octobre 1922 soit 10 jours avant l’expédition du meuble.

En réalité, le meuble doit faire partie de l’héritage de Virginie. Il ne s’agissait donc pas d’un achat, mais d’un meuble ayant appartenu aux parents de Virginie. Des recherches complémentaires devront être effectuées dans les actes notariés aux archives départementales de Loire-Atlantique.

Alors qu’attendez-vous pour explorer vos meubles de famille ?

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A la recherche de Missak Manouchian dans les archives /ressources/a-la-recherche-de-missak-manouchian-dans-les-archives/ Wed, 21 Feb 2024 07:52:45 +0000 /ressources/?p=13904 Le 21 février 2024, 80 ans après son exécution, le résistant Missak Manouchian entre au Panthéon avec son épouse Mélinée. Nous sommes partis à sa recherche dans les archives.

L’exécution du 21 février 1944

Missak Manouchian est mort fusillé le 21 février 1944 à la forteresse du Mont-Valérien à Suresnes avec 21 autres résistants. Le même jour, trois lycéens résistants de Saint-Brieuc sont aussi fusillés au Mont-Valérien.

L’acte de décès de Missak Manouchian est établi après un jugement retranscrit le 20 juin 1944 dans les registres d’état civil de la mairie du 14e arrondissement. Fait troublant, il est inscrit comme prénom Missaly.

L’acte précise que c’est une transcription d’un jugement rendu le 28 avril 1944 par le tribunal civil de la Seine. Il est déclaré que le 21 février 1944, à 15h22 est décédé à Suresnes, Missaly Manouchian, domicilié 11 rue des Plantes dans le 14e arrondissement de Paris. Il est né à Adamian en Asie-Mineure (Adıyaman en Turquie aujourd’hui), le 1er septembre 1906 fils de Kevork Manouchian et de Kascian Vartouki. L’acte indique aussi qu’il est tourneur outilleur et célibataire. Il est inscrit en marge de l’acte « Mort pour la France » par décision du 27 juin 1971.

Sa famille

Deux éléments de son acte de décès paraissent erronés : le nom et prénom de sa mère sont inversés. D’autres documents indiquent qu’il est fils de Vartouhi Kassian comme ceux présentés par les archives nationales. Ses parents sont morts en 1915 lors du génocide arménien. Il avait deux frères Haik et Gararabed Manouchian :

  • Haik. C’est certainement lui qui apparaît dans les recensements de Paris de 1926 et 1931 avec son épouse Marie et deux enfants.
  • Garabed qui meurt à l’âge de 20 ans indiqué né à Adiaman et fils de Georges Manouchian et de Marie Cassian. Il était alors menuisier et domicilié 4 rue Pineau dans le 15e arrondissement.

Il n’était pas célibataire mais marié à Mélinée Sukemian dite Assadourian. Elle aussi est née en Turquie et orpheline suite au génocide arménien. Décédée en 1989, elle est inhumée au cimetière d’Ivry mais rejoint son époux en 1994. Elle reposera désormais au Panthéon avec Missak Manouchian.

Carte du combattant de Mélinée (Source Wikipedia)

Sa sépulture

Le registre journalier du cimetière d’Ivry-sur-Seine mentionne Missak (Missek sur une feuille) Manouchian dans 2 pages différentes le 21 février 1944 ainsi que ses camarades. Sur l’une des pages, il est écrit « fusillé » dans la colonne âge.

Le 21 février 2024, il reposait donc au cimetière d’Ivry depuis 80 ans avant de rejoindre le Panthéon avec Mélinée.

Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement (Extrait de la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme Mélinée)

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Retrouver les métiers oubliés /ressources/retrouver-les-metiers-oublies/ Mon, 12 Feb 2024 15:05:57 +0000 /ressources/?p=13844 Maître baracanier, aboyeur, portefaix… Vos ancêtres exerçaient des professions dont le sens vous échappe aujourd’hui ? Dans cet article, nous partageons des conseils pratiques pour retrouver et comprendre ces métiers oubliés.

Des archives et des métiers

Les professions de nos ancêtres apparaissent dans de nombreuses archives : registres paroissiaux, état civil, recensements… Il est intéressant d’explorer et de lire attentivement des documents à différentes périodes. Vous allez peut-être découvrir d’éventuelles évolutions de carrière et enrichir votre histoire familiale.

Jean Carré est calfat, un artisan charpentier qui remplit d’étoupe les fentes et les interstices de la coque des bateaux. Il les recouvre ensuite de poix, de résine et de goudron afin de les rendre imperméables.

Retrouver le sens d’un métier

Vous êtes curieux d’en savoir plus sur ces métiers oubliés et disparus ? Nous vous indiquons comment et où trouver des informations sur Internet :

  1. Lancez une requête dans un moteur de recherche comme Google. Saisissez la profession recherchée et le mot métier ou profession. Vous avez souvent de bons résultats.
  2. Utilisez Gallica, le site de la Bibliothèque Nationales de France ou Google Livres où vous trouverez des livres, des dictionnaires ou des articles anciens numérisés qui évoquent la profession avec parfois des informations et des détails très intéressants sur les métiers.
  3.   L’Édition Numérique Collaborative et CRitique de l’Encyclopédie de Diderot, D’Alembert et Jaucourt (1751-1772) est une très bonne source d’informations pour l’Ancien Régime.
  4. Consultez les sites comme Vieux Métiers ou Wikipédia qui fournissent des définitions des professions.

Un exemple maître baracanier

François Aimable Donquerre se marie le 3 février 1767 à Abbeville. L’acte de mariage précise qu’il est maître baracanier. Il est facile de trouver des informations grâce à Google Livre qui propose un Dictionnaire raisonné universel des arts et métiers de 1773.

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Les ancêtres français de Frederik de Danemark /ressources/les-ancetres-francais-de-frederik-de-danemark/ Fri, 12 Jan 2024 13:41:40 +0000 /ressources/?p=13673

Frederik de Danemark, fils ainé de la reine Margrethe II accède au trône le 14 janvier 2024. Descendant de Bernadotte et de l’impératrice Joséphine par sa mère, le roi est surtout français par son père, avec des ancêtres aux origines modestes comme son arrière grand-père employé des chemins de fer.

Descendant de Bernadotte et de l’impératrice Joséphine de Beauharnais

Frederik de Danemark accède au trône grâce à sa mère Margrethe. La reine est la fille du roi Frederik et d’Ingrid de Suède descendante directe de Jean Bernadotte. Ce dernier, né le 26 janvier 1763 à Pau, est devenu roi de Suède en 1818. Il a épousé Bernardine Eugénie Désirée Clary née à Marseille le 8 novembre 1777. Il a donc des ancêtres entre le Béarn et la Provence.

Lien de parenté entre Frederik de Danemark et Bernadotte

Jean Bernadotte et son épouse Désirée Clary ont eu Oscar Ier né à Paris le 4 juillet 1799. Il devient roi de Suède et de Norvège en 1844 après le décès de son père. Oscar épouse Joséphine de Leuchtenberg, fille d’Eugène de Beauharnais et d’Augusta-Amélie de Bavière.

Eugène de Beauharnais, ancêtre de Frederik de Danemark à la 8e génération, est né à Paris le 23 septembre 1781, fils d’Alexandre François de Beauharnais et de Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie. Plus connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, épouse en secondes noces de Napoléon Bonaparte et donc impératrice des Français de 1804 à 1809.

Alexandre François de Beauharnais et Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie sont tous les deux nés en Martinique.

Baptême de Marie Josephe Rose Tascher de la Pagerie, futur impératrice, en 1763 aux Trois-Ilets en Martinique. Elle est âgée de 5 semaines.

La famille de Laborde de Monpezat, des Hautes-Pyrénées à l’Allemagne

Le père de Frederik de Danemark est Henri Laborde de Monpezat, né à Talence en Gironde le 11 juin 1934, qui se marie avec Margrethe de Danemark, alors princesse héritière . Il devient prince consort lorsque son épouse accède au trône en 1972.

Le grand-père de Frederik, Charles Marie Jean Michel André de Laborde de Monpezat, est né le 6 mai 1907 à Albas dans le Lot, fils de Charles et Henriette Hallberg. Par cette dernière, Frederik de Danemark a des ancêtres en Allemagne, dans le Lot, l’Aveyron et en Normandie !

Henriette Hallberg est la fille de Louis Eugène né le 27 mars 1839 à Sickingen dans le grand duché de Bade. Il était professeur à la faculté de lettres de Toulouse et sera décoré de la Légion d’Honneur. Ce sont les parents de Louis Eugène, Christian Hallberg (lui même professeur) et Caroline Schoder qui sont venus s’installer en France.

Décret de pension accordé à Louis Eugène Hallberg en 1909. Il est l’ancêtre à la 5e génération de Frederik de Danemark. Né en Allemagne, il était professeur de faculté.

Les Laborde de Monpezat sont originaires de Séron dans les Hautes-Pyrénées où est baptisé Antoine en 1743. Au 18e siècle, le nom de famille est écrit Laborde Monpezat et ils sont qualifiés de noble. Ils s’installent ensuite à Taron-Sadirac-Viellenave dans les Pyrénées-Atlantiques.

Baptême d’Antoine Laborde Monpezat, fils de noble Louis et de demoiselle Claire Cazanabe dits de Claverie en 1743 à Séron (Hautes-Pyrénées), ancêtre paternel à la 7e génération de Frederik de Danemark

Les origines modestes de sa grand-mère Renée Doursenot

Renée Doursenot, grand-mère paternelle de Frederik de Danemark, naît le 26 octobre 1908 à Périgueux en Dordogne. Elle est la fille de Pierre Doursenot, employé des chemins de fer, et de Marthe Gay.

Pierre Doursenot est né le 2 février 1883 à Tulle fils de Jean et de Marie Barrière. Le couple s’est marié en 1882 à Périgueux. Jean Doursenot était chaisier, né au Bugue en Dordogne en 1855 de parents cultivateurs. Marie Barrière est né à Champsac en Haute-Vienne.

Mariage de Jean Doursenot et de Marie Barrière (5e génération) à Périgueux en Dordogne le 16 février 1882. Jean Doursenot est chaisier. Son métier est donc de fabriquer des chaises.

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Le passé oublié de Feurs dans la Loire /ressources/le-passe-oublie-de-feurs-dans-la-loire/ Thu, 30 Nov 2023 12:55:20 +0000 /ressources/?p=13510 Grâce à une ancienne carte postale, un pan oublié de l’histoire de la commune de Feurs et de ses habitants est découvert.

L’usine Rousson

La carte postale du début du XXe siècle témoigne de l’histoire industrielle de Feurs dans la Loire. Nous découvrons l’intérieur de l’usine Rousson avec des ouvriers en plein travail. La légende ne précise pas ce que produit l’usine…

Une recherche sur un moteur de recherche dévoile un peu l’histoire de l’usine. Nous apprenons grâce à un article du 14 octobre 2021 que les bâtiments Rousson-Chamoux ont été détruits. L’entreprise a été créée en 1880 à Lyon et s’installe à Feurs en 1902, rue Parmentier. Il est aussi précisé qu’Œuvrant dans le secteur métallurgique, elle commercialisait des pièces pour l’automobile avant d’en fabriquer elle-même. Une centaine de voitures Rousson vont sortir des ateliers locaux entre 1905 et 1918, dont il reste un seul modèle. L’histoire s’est poursuivie avec la commercialisation de composants pour l’industrie du cycle et d’organes de transmissions.

Les automobiles Rousson

Un article de 2014 explique qu’entre 1903 et 1920, 130 véhicules de la marque Rousson ont été construits à Feurs. Un seul exemplaire connu semblait conservé mais depuis une autre automobile Rousson a été découverte en Hollande ! La Fondation du patrimoine a lancé récemment un appel pour la restauration de la Rousson de 1907 à Feurs.

A la recherche des patrons de l’usine Rousson

Une recherche du nom de famille Rousson à Feurs fournit actuellement 37 résultats sur Filae avec des actes d’état civil, des recensements de 1906, 1921 et 1931 ainsi des décès du fichier de l’INSEE.

Une famille Rousson réside bien à Feurs en 1906 : Marius né à Saint-Etienne en 1873 qui est constructeur, son épouse Joséphine Escoffier née en 1876, et leur fils Maurice né en 1897 à Feurs.

Maurice Sébastien Joseph Rousson est né le 1er août 1897 fils de Joseph Marius, constructeur mécanicien et de Joséphine Aimée Esther Escoffier. Les mentions marginales permettent de connaître la date et le lieu de son mariage et de son décès.

Joseph Marius Rousson et Joséphine Marie Esther Escoffier se sont mariés à Molinet dans l’Allier le 3 août 1896.

Maurice apparaît dans le recensement de 1921 avec son épouse. Il est indiqué industriel et patron.

A la recherche des employés de l’usine Rousson

Les recensements de population représentent une source importante avec l’indication du métier et parfois de l’employeur. En 1931, de nombreux habitant de Feurs sont employés à l’usine Rousson comme François Berticat ou Jules Brioul qui étaient métallurgistes.

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Qui choisit les noms de lieux ? /ressources/qui-choisit-noms-lieux/ Fri, 02 Dec 2016 10:36:57 +0000 /ressources/?p=2153

Les noms de lieux sont aussi anciens que les villes et villages eux-mêmes, donc ont des origines qui se mesurent souvent en millénaires ou siècles en France. Retour sur les mécanismes de choix des noms de lieux et de rues…

L'origine des noms de lieux remonte à la nuit des temps…

Les noms de lieux sont aussi anciens que les villes et villages eux-mêmes, donc ont des origines qui se mesurent souvent en millénaire ou siècles en France.
Lorsqu’une création récente s’est faite, c’est l’Etat qui décide des noms : Lorient (initialement écrit L’Orient, car ce port était celui de la Compagnie des Indes) sous Louis XIV, la ville nouvelle de Val-de-Reuil, parmi d’autres, sous Pompidou…
Mais il se crée rarement de nouvelles communes en France, les fusions sont plus fréquentes. Dans ce cas, ce sont les conseils municipaux qui tranchent ; ils se contentent souvent d’associer les deux noms (Dangé-Saint-Romain dans la Vienne par exemple) mais peuvent créer une nouvelle appellation (Genilac, une commune de la Loire, résulte ainsi de la fusion de Saint-Genis-Terrenoire et de La Cula).

Les seuls changements majeurs, mais qui vont s’effacer aussi vite qu’ils sont venus, sont ceux que la Révolution a tenté d’apporter.

En 1793, un décret invite en effet à changer les noms de lieux pouvant "rappeler la royauté, la féodalité ou la superstition". Les éléments toponymiques suspects sont remplacés : Saint-Cloud se transforme en Pont-la-Montagne, Saint-Nazaire en Port-Nazaire, Bourg-la-Reine Bourg-Égalité, etc. Une fois la Terreur passée, les anciens noms reviennent, les derniers à le faire y seront contraints en 1814.

plaque-rue

By Arnaud Fafournoux (Own work) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC BY-SA 4.0-3.0-2.5-2.0-1.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0-3.0-2.5-2.0-1.0)], via Wikimedia Commons

Les noms de rues sont plus récents et davantage modifiés

Dans les grandes villes, les rues ont parfois des noms depuis le Moyen Age. Ils avaient été donnés par les habitants et n’étaient souvent connus que de ceux qui les fréquentaient :

  • des noms dûs au lieu traversé (Clos-Bruneau)
  • au notable qui y habitait (rue Aubry-le-Boucher)
  • au monument le plus proche (rue du Temple)
  • aux artisans qui y travaillaient (rue de la Ferronnerie)
  • à une particularité (rue de l’Egout)
  • ou à une enseigne remarquable (rue des Jeux-Neufs)
  • ...noms souvent déformés au fil des siècles.

Lorsque la ville s’étend, ce sont ses édiles qui choisissent les noms à donner aux nouvelles rues.
Aussi trouve-t-on des noms cherchant à honorer le pouvoir en place : le boulevard du Roi et le boulevard de la Reine par exemple, dans la ville nouvelle de Versailles au XVIIe siècle.
Des noms que chaque régime va modifier : la Révolution transforme les noms de rues comme elle l’a fait pour les noms de lieux (les boulevards de Versailles sont ainsi renommés boulevard de la Liberté et boulevard de l’Égalité).
Le premier puis le second Empires affichent leurs victoires militaires, la IIIe République préfère les remplacer par ses grands hommes, une volonté poursuivie au siècle suivant : les nombreux maires communistes de l’après-guerre multiplieront les places, rues et boulevards Lénine ou Staline, progressivement effacés ensuite…
Signalons que, dans les communes de toute petite taille, les noms de rues n’ont parfois été créés que peu avant l’an 2000, en général sans grand effort d’imagination (mais aussi sans polémique ultérieure), du genre Grande Rue, rue de l’Église, place de l’École...

Qui est décisionnaire ?

Les choix des noms de rues reviennent donc aux maires et aux conseils municipaux (choix qu’ils doivent faire valider obligatoirement depuis 1950 auprès de la préfecture).
Pour les petites communes, on vient de le voir, l’affaire est vite entendue.
Pour les plus grandes, depuis dix ou quinze ans, il est de bon ton de faire voter les habitants sur les choix envisagés (la ville de Rouen, par exemple, a consulté sa population avant de nommer son tout nouveau pont sur la Seine, désormais appelé pont Flaubert). Mais ce n’est pas toujours le cas et, autrefois, ce l’était rarement voire jamais.
Lorsqu’un nouveau lotissement était construit, on déclinait en général une série géographique (rue de Londres, rue d’Espagne…) ou florale (rue des Acacias, rue des Églantiers, rue des Mimosas…) qui n’allait choquer ni l’opposition ni la majorité.
De temps en temps, les choix étaient orientés par des donataires, léguant leur fortune à leur commune d’origine, à charge pour elle de donner leur nom à une rue ou une place.
Enfin, il y a des choix qui sont parfois des coups de cœur, qui équivalent à un cri enthousiaste ou partisan et ne font l’objet d’aucune consultation : une rue a été nommée Coluche à Châtellerault après le décès de l’humoriste, ainsi qu’une place à Paris ; la disparition de chanteurs reconnus comme Jacques Brel, Georges Brassens… a entraîné à chaque fois des créations ou des changements de noms de rues.
Et, dans un registre tout récent et plus dramatique, le conseil municipal de Paris vient de décider de donner à une rue le nom de Mohamed Bouazizi, le jeune homme immolé à l’origine de la révolution tunisienne.

Marie-Odile Mergnac

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La transmission du prénom de père en fils /ressources/la-transmission-du-prenom-de-pere-en-fils/ Wed, 30 Nov 2016 09:24:43 +0000 /ressources/?p=2174

Michel, fils de Michel, petit-fils de Michel et père d'un Michel ? Une coutume réservée aux familles aristocratiques transmettant à chaque génération le prénom du fondateur de la dynastie quelques siècles plus tôt. Mais pas seulement...

Les prénoms lignagers des familles nobles d'autrefois

Les familles nobles pratiquaient souvent au Moyen-Age la transmission récurrente de certains prénoms. Une répétition qui rendait difficile, voire impossible, le décompte des générations et donnait ainsi l’impression qu’elles étaient d’ancienneté immémoriale, présentes depuis la nuit des temps dans leur fief.
Dans ces "généalogies immobiles", la famille se reproduisait à l’identique sur plusieurs siècles. Et la seule façon de s’y retrouver, dans les nobiliaires, était de numéroter les générations, comme pour nos rois : Raymond II, fils de Raymond I et père de Raymond III, etc.
Quels prénoms ?
Parmi ces prénoms récurrents, on trouve :

  • les Guillaume chez les Tancarville,
  • les Hugues chez les Lusignan,
  • les Alain chez les Rohan,
  • les Raymond chez les barons de Mévouillon,
  • les Gautier chez les Brienne,
  • les Armand chez les Polignac,
  • les Archambaud chez les comtes de Périgord,
  • les Amédée chez les comtes de Savoie,
  • les Gaston chez les comtes de Foix,
  • les Guigues chez les comtes de Forez et les comtes d’Albon,
  • les Enguerrand chez les Coucy

Parfois le "prénom lignager" change, mais toujours pour une bonne raison. Ainsi, lorsque les La Rochefoucauld de la branche aînée remplacent à la fin du XVe siècle leurs prénoms traditionnels Guy et Aymery par François, c’est parce que le roi François 1er a porté leur fils sur les fonds baptismaux. François est ensuite donné sans interruption sur neuf générations jusqu’au XVIIIe siècle.

Une tradition tout à fait universelle

Cette répétition qui nous semble surprenante était partagée jusqu’au milieu du XIXe siècle (parfois jusqu’à la Première Guerre mondiale dans les régions les plus pauvres, le Limousin par exemple) par l’ensemble du peuple.
Il ne s’agit donc pas d’une coutume réservée aux familles nobles, loin de là.

L’enfant qui naissait, quelle que soit la situation sociale et de fortune de sa famille, était inscrit par son prénom dans une parentèle précise.

La tradition fait ainsi que, pendant des siècles, le fils aîné a porté le prénom du père, la fille aînée le prénom de la mère, les suivants les prénoms des grands-parents ou des parrains et marraines.

Un casse-tête pour l'historien des familles

Chaque génération transmettait donc à l’identique ses propres prénoms à la génération suivante. Tous ceux qui ont fait un peu de généalogie le savent bien.
Qui n’a pas peiné un jour ou l’autre à distinguer les différentes branches familiales d’un patronyme fréquent ? qui ne s’est pas perdu quelque temps entre les différents Jean Martin, fils de Jean Martin et petit-fils de Jean Martin (tous laboureurs ou meuniers pour ne rien arranger) et cousins d’une brassée d’autres Jean Martin de même profession ?
Et, cerise sur le gâteau, lorsque le dit Jean Martin se remariait, il donnait à nouveau son propre prénom à l’aîné de chaque lit… Des traditions qui sont le cauchemar de tous les généalogistes d’aujourd’hui !

Une idée qui revient dans l'air du temps?

Depuis les années 1900, la mode s’est emparée des prénoms. Ils sont de plus en plus nombreux, avec une "durée de vie" de plus en plus courte.

Par exemple, les enfants de Jean et de Marie (prénoms leaders pendant quatre siècles) se nomment Michel et Monique (prénoms massivement donnés pendant quelques décennies), eux-mêmes parents de Thierry et de Martine (à la mode une dizaine d’années), à leur tour parents de Théo et Léa (qui tiendront au mieux cinq ans)…
Aujourd’hui, on veut l’originalité à tout prix. Et l’originalité, c’est parfois de prendre les modes à rebours. Un Michel a ainsi prénommé son fils Michel, et toute la famille parle en riant de « Michel I » ou « Michel II » pour s’y retrouver.
D’autres renouent avec les prénoms familiaux du passé en les redonnant aux nouveau-nés, surtout s’ils sont rares : Thélonie, Ismérie ou Iwane par exemple.
D’autres reprennent le prénom des parents ou des grands-parents. Et, puisque la fête des pères approche, quel plus beau cadeau faire à un papa que de lui annoncer que son petit-fils à naître va porter le même prénom que lui ?

Marie-Odile Mergnac

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Un nom, plusieurs sens… /ressources/nom-famille-plusieurs-sens/ Mon, 28 Nov 2016 14:15:28 +0000 /ressources/?p=2164

Un Thierry Riou, de Brest, rencontre un Nicolas Riou qui habite Toulouse. « Tiens, le même nom ? Serions-nous de la même famille ? Le nom doit avoir le même sens… » Pas du tout. Petit tour d’horizon de ces noms à sens multiples…

Pas de sens possible sans origine géographique connue

Pour reprendre l’exemple ci-dessus, Riou correspond en Bretagne à un ancien nom de baptême du Vannetais, Riocus, porté par un roi breton ; en langue d’oc, ce même assemblage de lettres indique une localisation d’origine : une maison près d’un ruisseau.
Il en va de même de tous les noms de famille. Il est toujours risqué d’avancer une signification tant que la région d’origine de la famille, c’est-à-dire la langue dans laquelle a été construite le nom, n’est pas connue.

sens-noms-famille

Quand un sens cache l’autre…

On pourrait multiplier les exemples :
Bach : dans le Béarn, le nom a surnommé celui qui habitait au fond d’une vallée (baischa en gascon) ; dans l’Est celui qui vivait près d’un ruisseau (baki).
Bataille : dans le nord de la France, ce nom a surnommé un bagarreur, une personne belliqueuse ; dans les pays de langue d’oc, il désigne un sonneur de cloches.
Bouquet : dans le nord de la France, le nom évoque le bouc, donc les défauts de l’animal (sale, trousse-jupons…). Dans le Sud, il désigne plutôt, comme Bousquet, un lieu d’origine planté de broussailles ou de buis.
Bris : en Bretagne, le nom a surnommé une personne dont le visage était tavelé de taches de rousseur (briz en breton). Dans la région Centre, Bris correspond en revanche à une variante du prénom latin Brictius, popularisé au Ve siècle par saint Brès, successeur de saint Martin à l’évêché de Tours.
Cluze : le nom désigne dans tous les cas une localisation, mais, dans les Alpes, il s’agit d’une vallée étroite, dans le Tarn d’une grotte.
Faye : ce nom rappelle dans le Limousin que la famille vivait au départ près d’une hêtraie. Mais Faye est aussi l’un des noms les plus portés du Sénégal, y désignant un clan.
Fel : dans le nord de la France, le nom évoquait un traître, un félon. Dans la région toulousaine, il désignait une personne amère (de l’occitan fel, bile).
Margain : en Lorraine ou dans le Lyonnais, le nom vient de marga (boue), évoquant un lieu d’origine marécageux. Dans le Nord, il s’agit en revanche d’un dérivé du prénom féminin Margue, qui est lui-même un diminutif de Marguerite.
Pellé : en Bretagne, il s’agit d’un nom de hameau fréquent, donné par extension aux familles qui y vivaient. Dans le reste de la France, le nom évoque une personne chauve, au crâne « pelé ».
Queneau : en Normandie, ce nom assez répandu aurait surnommé un serviteur fidèle puisqu’il y signifiait « petit chien ». En Touraine et en Anjou, où le mot désignait un canard, il aurait été attribué à une personne boiteuse, dont la démarche rappelle celle du canard.

Attention aux rêves…

Beaucoup de personnes se mettent à rêver sur l’origine de leur nom lorsque que le même assemblage de syllabes existe dans une langue exotique. Une tendance récente, favorisée par les voyages. « N’aurais-je pas une ascendance orientale ? » demande le Berrichon dont le nom est aussi un mot de la langue yéménite ? « Mon nom signifie ‘valeureux’ en tibétain, explique un Auvergnat, je descends peut-être d’un compagnon de Marco Polo »…
Certains assemblages de syllabes peuvent se retrouver dans toutes les langues ; ils ne prouvent pas pour autant une ascendance venue de tous les pays du monde. Lorsque les noms de famille se sont créés, eux n’avaient que leurs pieds pour se déplacer. Gardons donc les nôtres sur terre…

Marie-Odile Mergnac

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Les noms de famille les plus fréquents /ressources/les-noms-de-famille-les-plus-frequents/ Thu, 24 Nov 2016 16:36:14 +0000 /ressources/?p=2141

On peut établir, dans chaque pays, un classement des patronymes les plus fréquents. Un palmarès des noms de famille qui révèle bien des surprises si on le regarde en détail…

Le palmarès des noms de famille en France

En France, les dix noms les plus portés sont, dans l’ordre :

  • Martin (porté par près de 300 000 personnes)
  • Bernard
  • Thomas
  • Petit
  • Robert
  • Richard
  • Durand
  • Dubois
  • Moreau
  • Laurent

Il s’agit surtout de "prénoms" très diffusés à l’époque de la formation des noms de famille, ce qui est logique car les patronymes ont été construits :
– à partir du nom de baptême du chef de famille (7 sur 10 ici),
– de son métier (aucune occurrence ici, le nom de famille le plus porté évoquant un métier est Lefebvre (forgeron), qui n’arrive qu’en 13e position),
– d’une caractéristique physique ou morale (ici : Petit ou encore Moreau, surnommant un homme aux cheveux noirs ou à la peau sombre)
– ou de l’emplacement de la maison (Dubois).

Or les prénoms comme Martin et Bernard se donnaient du nord au sud de la France actuelle alors que toutes les autres appellations étaient construites dans une langue locale (le forgeron, par exemple, arriverait peut-être en tête si on regroupait tous les Lefebvre, Faure, Fabre, Maréchal, Schmitt, Le Goff et bien d’autres noms qui traduisent ce métier).

noms-famille

Va-t-on tous s'appeler Martin dans deux siècles ?

En 1973, un généalogiste, Michel Tesnière, avait publié une étude qui avait fait sensation, indiquant que, dans quelques siècles, nous nous appellerions tous Martin, Bernard, Thomas, etc. sous prétexte que "tous les corps fermés finissent pas s’éteindre" et que les noms rares disparaîtraient tous un par un au fil des mariages et d’une natalité déclinante.
Or, la proportion des Martin était de 3,8 pour mille à la fin du XIXe siècle et de 3,2 pour mille seulement en 1990.
Celle des Bernard est passée sur la même période de 2,1 à 1,6 pour mille ; etc.
L’hypothèse de 1973 était donc fausse.
D’une part parce que le risque de disparition des noms est limité. Le Pr Jacques Dupâquier, de l’Institut, a montré que ce risque était quasi nul à partir de 35 porteurs, du moins dans les populations où le taux de natalité assure le remplacement des générations, ce qui est le cas en France.
D’autre part parce que le nombre de nouveaux patronymes s’est multiplié avec l’arrivée de familles étrangères ; il y avait environ 520 000 noms de famille différents en France en 1890, mais on en comptait plus de 1 200 000 en 1990.

Des différences considérables d'un pays à l'autre

Dans les autres pays, l’importance numérique des noms de famille arrivant en tête du palmarès est très variable selon le mode de construction des patronymes.
En Italie, où les noms se sont construits, comme en France, à partir de multiples surnoms, la variété des noms reste très grande (plusieurs centaines de milliers). Rossi, le patronyme italien le plus fréquent, est porté par 420 000 personnes.
En Espagne en revanche, les noms se sont principalement bâtis à partir des prénoms. La variété est donc beaucoup plus faible (quelques milliers, pas plus) et chaque patronyme compte tant de porteurs que cela pose régulièrement des problèmes d’homonymie dans la vie courante.
Ainsi, le nom le plus fréquent d’Espagne, Garcia (issu d’un ancien nom de baptême basque), rassemble à lui seul plus de 3 millions de personnes.
Et Martin, également présent en Espagne, dépasse le million, alors qu’il est loin d’être l’un des noms les plus portés du pays ! Notre Martin français, 1er avec moins de 300 000 personnes, fait donc bien pâle figure…

Le record en Chine et au Vietnam

Si le record du nombre de noms de famille différents reste détenu par la France (à cause de la variété de surnoms et de la multiplicité des langues dans lesquels ils ont été construits – il y avait encore, rappelons-le, 620 "patois" différents parlés en France en 1800), le record du nombre de personnes portant un seul et même nom est détenu par la Chine et le Vietnam.
Pas à cause de l’importance de leur population mais à cause du mode de construction de leurs patronymes.
Car les familles ont pris pour nom, il y a mille à trois mille ans, celui de la dynastie régnante dans leur région.
Voilà pourquoi la moitié de la population du Vietnam (soit 43 millions de personnes) s’appelle N’Guyen.
Du côté de la Chine, il n’y avait au XIXe siècle que 700 noms de famille différents et les quatre plus fréquents (Chang, Chao, Li et Wang) représentent aujourd’hui à eux quatre la moitié de la population chinoise, soit 335 millions de personnes chacun en moyenne !
Certains pays ont mis en ligne des informations chiffrées sur les noms de famille, bien utiles aux généalogistes qui recherchent leurs cousins.
Bonnes recherches !

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